« De toute façon, je ne comprends rien ! » : Redescendre pour mieux avancer

Il arrive que votre enfant butte sur une notion, il se renferme et vous assène cette phrase : « De toute façon, je ne comprends rien ! ». Vous avez tout essayé : les exemples, les explications diverses et variées, les schémas… Même les cours particuliers ou le soutien scolaire n’aident pas… Rien ne passe et la situation devient de plus en plus tendue.

Que lui arrive-t-il ? Il est peut-être confronté à une connaissance qu’il n’est pas encore en capacité d’engranger. Ses acquis ne sont pas assez importants pour passer ce cap dans le développement de ses connaissances. Il est dans ce que le psychologue russe Lev Vygotski appelle la « zone de rupture ». Dans cette zone, se trouvent les notions que votre enfant n’arrivera pas à comprendre, même s’il est aidé. Tant que faire se peut, essayez de redescendre d’un niveau pour pouvoir l’accompagner plus sereinement : revenez aux bases ou trouvez des exercices plus simples (en accord avec les enseignants).

L’objectif est de rester dans sa « zone proximale de développement » (ZPD). Cette zone représente les apprentissages qui sont possibles pour votre enfant, les notions qu’il est capable d’acquérir. Au début de la zone proximale de développement, il aura peu besoin d’aide. Mais plus il avancera dans ses apprentissages, plus il aura besoin de soutien pour ne pas être en échec. Lorsqu’il aura fait plusieurs fois une tâche difficile et qu’elle deviendra facile, il pourra relever des défis qui se situaient auparavant dans sa zone de rupture.

En deçà de la zone proximale de développement se trouve la « zone d’autonomie », dans laquelle se trouvent les tâches que votre enfant sait faire tout seul.

Les émotions entrent également en jeu dans ce système. Si le challenge est trop bas, l’ennui se fait sentir, et l’élève se démotive. Au contraire, lorsque le challenge est trop haut, alors c’est l’anxiété qui prédomine, ce qui freine là aussi son élan !

Le développement de votre enfant se fait dans sa ZPD : en deçà, les tâches sont trop simples, votre enfant n’apprend rien de nouveau, et au-delà, les tâches sont trop difficiles et votre enfant est en échec, n’apprenant pas non plus. Pour bien comprendre, imaginez la situation suivante : vous faites une partie de tennis avec Rafael Nadal… Vous n’allez pas apprendre grand-chose, étant donné le niveau de votre partenaire ! A l’inverse, jouer avec notre nièce de 5 ans sera peu intéressant pour vous, du fait de votre différence de niveau.

Prenons un exemple scolaire. Votre enfant n’arrive pas à faire son problème de maths dans lequel il y a une multiplication à effectuer. Vous gagnerez du temps si vous retravaillez la compréhension de la multiplication. Vous pouvez par exemple utiliser des perles : pour représenter 2 x 6, demandez-lui d’aller chercher 2 fois un paquet de 6 perles, puis inversez les nombres (6 x 2) et demandez-lui d’aller chercher 6 fois un paquet de 2 perles. Il comprendra que, au contraire de l’addition, les 2 nombres ne racontent pas la même histoire dans une multiplication. De même, votre enfant ne comprendra pas bien les fractions s’il n’a pas saisi le sens des divisions.

Observez et questionnez votre enfant

Pour trouver la zone d’apprentissage de votre enfant, appuyez-vous sur ses ressentis : il sait mieux que quiconque s’il est en difficulté ou pas. Quand il fait un exercice, observez-le. S’il avance, laissez faire. S’il bloque, posez-lui la question : « Comment est cet exercice ? Trop facile ? Intéressant ? Trop dur ? » S’il vous répond qu’il est intéressant, posez-lui quelques questions et donnez-lui quelques indices, pour qu’il puisse aller de l’avant par ses propres moyens. Vous pouvez tenter de lui simplifier la tâche s’il est à la limite de sa zone de rupture : combler ce qu’il ne peut pas faire, lire à sa place, donner les résultats des tables s’il ne les sait pas encore… L’essentiel étant d’éviter l’échec et de maintenir la motivation. S’il vous répond que c’est trop dur, ne vous obstinez pas et essayez comme vous pouvez de « redescendre » d’une marche, pour revenir aux bases (je vous invite à puisez dans internet, Yvan Monka par exemple a une excellente chaîne YouYube pour reprendre les fondamentaux en maths).

Vous pouvez aussi mettre en place une échelle des difficultés : trop facile ? On monte ! Trop dur ? On descend !

Commencer par le plus simple

La ZPD peut aider à la mise aux devoirs. Conseillez à votre enfant de commencer les devoirs avec des exercices faciles pour qu’il prenne confiance en lui et mette son cerveau sur les bons rails. Vouloir aborder les devoirs dans l’autre sens ne fonctionnera pas : votre enfant aura un sentiment d’échec qui minera sa réflexion.

Il est intéressant de noter que la ZPD est aussi valable pour les émotions que les enfants ne sont pas encore capables de gérer, ainsi que sur la motricité. Parfois, votre aide peut-être d’être simplement présent pour rassurer : observer votre enfant faire du vélo ou ranger les assiettes…

En tout cas, il est bon de garder en tête ce petit slogan : « il ne sert à rien de vouloir lui apprendre plus qu’il n’en est capable ! »

Passer le relais à un professionnel extérieur

Si vous sentez que le blocage persiste ou qu’il s’étend sur plusieurs matières, ou que votre enfant perd confiance en lui (« de toute façon je suis nul-le… »), n’hésitez pas à consulter un professionnel de la pédagogie. Si vous vivez près de Rouen, vous pouvez prendre contact avec moi par mail (marine.boistel@gmail.com) ou téléphone (06 35 16 87 17) pour en parler, et évaluer si la situation nécessite une prise en charge orthopédagogique. Si vous vivez loin de Rouen, sachez que des accompagnements en visio sont envisageables.

Je vous accueillerai avec votre enfant dans mon cabinet à Rouen, pour faire le point et l’aider à dépasser durablement ses difficultés scolaires. Ce type d’accompagnement pédagogie (ou encore coaching scolaire), individuel et axé sur les méthodes d’apprentissage de votre enfant, aura des effets plus puissants que les cours particuliers (qui peuvent venir en complément). Votre enfant comprendra comment son cerveau fonctionne pour apprendre, et je l’aiderai, en m’appuyant sur ses capacités, à développer d’autres stratégies d’apprentissage, plus efficaces, pour favoriser sa compréhension et sa mémoire à long terme.

« Ne pas lui faire apprendre plus qu’il ne le peut ! »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *